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Faustin Muliri - L'amour en miel

napsal Kartal 17. January, 2010 10:56

C'est promis chérie,

Bientôt le célibat sera confus :

Toi et moi,

Nous serons un émoi

Devant Dieu et les hommes !



C'est juré chérie,

Nous serons deux oiseaux,

Deux jeunes beaux passereaux,

Assis, marchants ou couchés

Sur les branches de nos cœurs,

Oints d'amour.



C'est promis chérie :

L'amour va swinguer,

Sur les branches

De nos cœurs unis ;

Heureux cœurs,

Qui vont fondre

En un beau tapis rouge,

Peint par nos sentiments !

africa sunrise congo kinshasa
ruslou © flickr.com
C'est juré chérie,

Le glas du célibat va sonner,

Au vu et au su de Dieu,

Dieu caché dans le cœur

De Monsieur le Maire,

Et de Monsieur le Curé :

C'est juré !



Dieu sera notre témoin,

Il assistera à l'heureux événement,

Assis au coin, dans la salle d'attente,

En attente de la signature

De notre pacte d'amour.



Pacte, qui ira de la maternité

A l'amour pour l'éternité.



Après la sacrée signature,

Lorsque tombera la nuit,

Dieu sera dispensé de tout ennui :

Nous prierons Dieu,

Ensuite nous le prierons

De quitter notre chambre,

Par respect envers nous,

Et notre nuit de miel !



Cette nuit,

L'amour fera taire le célibat,

Qu'il métamorphosera en miel,

Suave amour en miel,

A partager entre toi et moi,

Jusqu'aux confins du ciel !



Faustin Muliri

L'amour en miel

Bukavu-République Démocratique du Congo

Le 09 juillet 2009

 

l.source
http://toutlapoesie.com

Vítězslav Nezval : EDISON - en français III.,IV, V

napsal Hana Šustková 28. November, 2009 21:59

 Poème traduit par François Kérel en collaboration avec l'auteur

(chaptire I. et II. - ici - previous page)

III.

Nos vies sont un cercle vicieux
Tel un joueur rentrant d'une maison de jeu
Un tiède après -midi sous le soleil de mai
Un jeune aventurier qui remontait Broadway
S'arrêta devant la West Union Telegraph
Où cela sifflait comme dans un écouteur
C'était un camelot et un grand inventeur

Des milliers d'inventeurs ont fait faillite
Mais éternellement les étoiles gravitent
Des milliers de gens mènent leur petite vie
Ce n'est pas du travail est-ce de l'énergie
Que de vivre enfermé dans un laboratoire
D'être comme un marin doublant des promontoires
Des milliers de gens mènent leur petite vie
Oui c'est une aventure c'est une alchimie

Ah petit dimanche combien de cloches sonnent
Petit central entends les sonneries des téléphones
Vos oreilles écoutent les amants
Les faux monnayeurs et les trafiquants
Les tueurs de Californie et les fous qui divaguent
Conversations téléphonique du Grand Prague
Vous êtes une petite source électrique

Des phonomoteurs et des oiseaux mécaniques
S'envolent vers les étoiles puis volent en retour
Vers vous comme vers l'oiseleur à l'angle du faubourg
L'univers se joue de votre tympan
Votre gloire de par le monde se répand
Comme un joueur qui jette au hasard son défi
Dormir cinq heures par jour cela vous suffit

Recommencer à vivre avoir une manie
Une nuit vous avez vu en Pennsylvanie
Jaillir l'éclair de la lampe à arc chez Baker
Vous vous êtes senti triste comme moi hier
Devant la dernière page de mon roman
Comme la femme qui vient de mettre au monde un enfant
Comme le trapéziste quand il a sauté
Comme l'amant après la douce volupté
Comme un pêcheur tirant de l'eau se nasse pleine
Comme après les combats les guerriers qui reviennent
Comme la terre le dernier jour des vendanges
Comme l'étoile qui pâlit quand la nuit change
Comme un homme perdant son ombre tout à coup
Comme Dieu qui créa la rose la jusquiame et le hibou
Comme Dieu qui rêve toujours de mots plus beaux
Comme Dieu qui doit toujours créer du nouveau
Modelant dans son souffle de nouveaux calices
Tombant avec l'eau des nuages sur les lys

Mais on sentait peser la beauté qui nous broie
Le courage de vivre et mourir et la joie


wasabidesign (c) flickr.com


Début octobre un beau soir de la même année
Perdu dans vos pensées vous allez et venez
Dans votre laboratoire de Menlo-Park
Au milieu des lettres et des cadeaux épars
Que votre main caresse machinalement
Vous pétrissez le carbone des filaments
Oiseau de nos nuits frère de nos longues veilles
Plaie des cauchemars des ombres épouvantail qui les balaye
Brûlantes chauves-souris des songeuses promenades
Anges sur les pignons à l'angle des rues et sur les façades
Rose des restaurants des cafés et des bars
Jets d'eau de la nuit dans les ténèbres du boulevard
Rosaire sur les ponts des fleuves dans les grandes villes
Auréole des putains immobiles
Couronne sur les cheminées des grands vapeurs
Larmes qui coulent goutte à goutte des hauteurs
Sur le catafalque de la ville qui les tamise
Sur les cathédrales vieilles momies
Sur les cafés enfumés où l'âme liquéfiée se perd
Sur les miroirs des vins et sur leur éternel hiver
Sur le catafalque de la ville quand la brume se pâme
Sur la guitare désaccordée de mon âme
Où mendiant d'amour de rêves de lueurs
Je joue changeant sans cesse de masque et je pleure
Trouvère passionné prince de sang royal
D'une ville d'orgie dénommée Balmoral
Où j'entre toujours en songe par la grande porte de pierre
Entre le cordon noir de mes captifs et de mes serfs
Princes du meurtre carmagnoles déchaînées
Taxis de la démence et roues enrubannées
Spasmodiques passions au son des carillons
Chimères envolées des lits sur les balcons
Buveur de belles femmes cruelles et déchirantes
Buveur de volupté et d'écume sanglante
Buveur des cruautés qui traquent et qui broient
Buveur de la vie de la mort et de l'effroi

 

IV.

Nos vies un beau matin finissent
Nous mourrons dans les ruines des feux d'artifice
Comme les éphémères et comme les éclairs des orages

Déjà flambent les lumières dans le feuillage
Déjà les fils électriques frémissent sous la neige
Déjà les lampes dans les rues tournent comme un manège
Déjà on cherche l'âme sous les rayons X
Tel sous le néogène l'archéoptéryx
Aiguilles d'or le matin va poindre Déjà
S'illuminent les enseignes des cinémas
Il suffit de presser sur un interrupteur
Pour chasser loin de soi le spectre d'un joueur
Déjà montent les cris les applaudissements
Edison à son tour s'incline poliment

Après la fête on se retrouve le coeur gros
Les invités vous laissent dans votre bureau
Des milliers d'inventeurs ont fait faillite
Mais éternellement les étoiles gravitent
Des milliers de gens mènent leur petite vie
Ce n'est pas du travail est-ce de l'énergie
Que de vivre enfermé dans un laboratoire
On est comme un marin doublant les promontoires
Des milliers de gens mènent leur petite vie
C'est une aventure c'est de la poésie

Il suffit d'un hasard pour peu qu'on s'y applique
On est élu président de la république
On devient l'alouette qui déroba l'amande du noyau
De tous les poèmes on écrit le plus beau
On est le joueur qui gagne toujours à la roulette
On est l'astronome qui découvrit la septième planète

Des milliers de pommes sont tombées sur le nez de la terre
Il n'y a que Newton pour percer leur mystère
Combien de gens souffrent d'épilepsie
Il n'y a que Saint Paul qui puisse voir l'hostie
On ne trouve pas tous les jours
Un Beethoven parmi les sourds
Des milliers de déments rôdent parmi les hommes
Il n'y a que Néron qui sache incendier Rome

Sur mille inventions une seule est la bonne
Une seule invention est celle d'Edison

Comme autrefois ne plus dormir ne plus être certain
Et brûler tout ce qui vous tombe sous la main
Carboniser les peaux de singe les cannes le jute
Les feuilles sèches des palmes les cordes sur le luth
Face au bambou du vieil éventail japonais
Comme autrefois douter de ce que tu connais
Malheur cet éventail est celui de l'amour
Que tu reçus d'un masque dans un bal un jour
De carnaval au temps lointain de ta jeunesse
Essaye de t'en souvenir qui donc était-ce
Dis au revoir à son parfum sur l'éventail
De nouveau tout brûler Malheur s'ouvre une faille
Ce masque est une Parque et son ombre te suit
De nouveau remonter le réveil pour la nuit
Retrouver les cornues redevenir Colomb
Et chasser le bambou comme d'autres le lion
Parcourir l'univers marcher livrer bataille
Pour trouver le bois magique de l'éventail
Comme l'homme qui cherche quatre cheveux d'or
Comme le pêcheur de perles plongeant dans l'eau du port
Comme le Christ dans les ténèbres de la Voie Appienne
Comme le chercheur de bonheur dans les nuages de l'opium
Comme le pèlerin qui cherche Dieu dans sa prière
Comme une mère qui rôde à travers un cimetière
En quête d'une frêle voix d'enfant
Comme le lépreux dans son éternel tourment
Comme les Dieux cherchant la mort dans leur grand âge
Comme le poète aveugle son véritable visage
Comme le Juif errant sur les chemins de la terre natale
Comme le voyageur cherche l'aurore boréale
Comme le jour du jugement dernier le fou perdu dans sa démence
Comme l'enfant pétrit la glaise où l'alouette prit naissance


Godfrey Kneller (c) Isaac Newton


Ils sont partis pour le Brésil
Le Japon pays des beaux magnolias
Pour la Havane mourir de la malaria
Comme meurent les missionnaires
Je vois d'ici votre sourire débonnaire
Et sous le bambou de la mort je vous vois monter à cheval
Mais déjà douze volontaires font leurs malles
On vous a déjà trouvé douze remplaçants
Mac Gowan est déjà parti depuis deux ans
Avec ses compagnons explorer le bassin
De l'Amazone dont le cours n'a pas de fin
Et l'aventure l'a conduit sur les rapides
Il a risqué sa vie sur le fleuve homicide
S'est battu avec les chercheurs d'or ces rapaces
De retour à New York il a disparu sans laisser de traces

Comment ne pas vous aimer vous routes sans but
Vous nuits des tropiques ivres des soleils que vous avez bus
Vous lumières des lumières et vous nuits du chagrin
Vous lumières englouties dans les abîmes marins
Vous tous qui êtes morts debout
Vous êtes devenus des anges de bambou
Je pense à vous mais tout à coup j'entends un pleur
Ah seulement fabriquer un nouvel interrupteur
Plonger encore au fond de la cornue
Découvrir encore une nouvelle inconnue
Regardez vous avez quatre-vingt ans comme le temps s'envole
Regardez ces drapeaux comme pour une fête des Sokols
Vos mains ont la blancheur de la craie vos mains blêmes
Ce n'est pas encore le temps des Requiems

Regardez nous vieillissons nous sommes morts à demi
Ah chercher les éléments d'une nouvelle alchimie
Voir devant nous courir notre ombre à toute bride
Encore étudier la structure des acides
Voir sur nos mains se crevasser la peau
Chanter ne pas connaître de repos
Retrouver le secret des chemins d'outre-tombe
Braquer l'aimant vers les esprits qui nous surplombent
Oublier encore la tristesse qui broie
La nostalgie de vivre et mourir et l'effroi

 

V.

Nos vies sont consolantes comme un rire
J'étais à mon bureau et j'essayais de lire
Soudain je vis dans l'encre noire des colonnes
La neige et une grande photo d'Edison
C'était passé minuit à la fin février
Je me parlais à moi-même comme un homme en train de prier
Avais-je bu qui sait une liqueur saoulante
Ainsi je dialoguais avec mon ombre absente

Comme refrain tintait toujours le même son
J'allais à pas de loup jusqu'à la porte du balcon
À mes pieds tout un flot de lueurs frissonnait
Et les gens dans leurs lits depuis longtemps dormaient
Mais la nuit frémissait à l'instar des prairies
Sous les coups des étoiles tirs d'artillerie
Sonnait l'horloge de la tour Je regardais
Les ombres des passants qui traversaient le quai
Ombres des suicidés dans l'ombre du destin
Ombre sur le trottoir d'une vieille putain
Ombres des autos renversées par l'ombre des piétons
Ombres des miséreux qui couchent sous les ponts
Ombre de la ruelle où le bossu se glisse
Ombre pleine des chancres rouges de la syphilis
Ombres de la conscience ombres du crime
Où viennent éternellement rôder les ombres des victimes
Ombres armées de baïonnettes
Ombres des saints qui devinrent poètes
Ombres des buveurs vaincus par l'amour
Ombres de ceux qui aiment sans retour
Ombres plaintives de météores femmes qui s'abandonnèrent
Ombres fragiles des princesses adultères

Mais on sentait peser la beauté qui nous broie
Le courage de vivre et mourir et l'effroi

Soyez belle soyez triste bonsoir
Plus étincelante que les météores dont le pouvoir
Nous fut révélé dans les lumières d'une nuit étouffante
Phares d'ombre équipés comme la tourmente
Qui nous cingle jusqu'au vertige de la joie
Au revoir les signaux au-dessus de la voie
Vous qui m'attirez comme une rose de flamme
Au revoir les étoiles baisers de mon âme
Vous qui m'ouvrez les piscines dans les jardins
L'arôme des oeillets et leur sombre parfum
Les vols dans les avions dont les ailes rayonnent
Au revoir les cruels délices d'Edison
Naphtes puits de pétrole fusées filant vers d'autres planètes
Nobles de la terre sans étiquette
Au revoir la tour d'où les étoiles tombaient
Au revoir les ombres lointaines sur le quai
Ombres du temps qui fuit irrémédiablement vers l'avenir
Douces ombres ombres des rêves et des souvenirs
Ombres du bleu du ciel dans les yeux d'une belle femme
Ombres des ombres d'étoiles dans les eaux quand plonge la rame
Ombres des sentiments qu'on ne sait pas nommer
Ombres du souffle des enfants pas encor' nés
Ombres fugitives comme la nuit l'écho
Ombres pâles sur l'opaline de la peau
Ombres des mères en prière
Ombres des spectres dans les villes étrangères
Ombres des voluptés dont la veuve est meurtrie
Ombres des spectres ombres du mal du pays

Ah soyez belle soyez cruelle bonjour
Plus belle que les météores les larmes les serments d'amour
Que nous fîmes debout sur les sommets
Capturant des nids d'étoiles et des comètes
Au revoir vous plus belle que les feux follets et le sommeil
De nouveau pour la nuit remonter le réveil
Des milliers de gens mènent leur petite vie
Ce n'est pas du travail c'est de la poésie

Encore un jour cueillir en rêve les lilas
Encore un jour s'attabler au café Slavia
Encore un jour marcher encore un jour s'asseoir
Encore un jour prendre son petit café noir
Encore un jour veiller ne plus être certain
Encore un jour brûler tout ce qui vous tombe sous la main
Encore un jour entendre les notes d'un pleur
Voir encore une fois son ombre l'ombre d'un joueur

Au revoir étoiles oiseaux serments d'amour
Au revoir mort sous l'églantine en fleurs
Au revoir sonne l'heure
Au revoir bonne nuit et bonjour
Beau rêve
Les jours sont courts
                            (1927, Poèmes à la nuit)

 

source - http://tnit.fr/book/edison.htm

Vítězslav Nezval : EDISON - en français

napsal Hana Šustková 27. November, 2009 21:54

Poème traduit par François Kérel en collaboration avec l'auteur

I.

Nos vies sont affligeantes comme un pleur
D'un tripot sortait un jeune joueur
Il neigeait sur les ostensoirs des bars
L'air fleurait le printemps Il était tard
Le ciel tremblait de tirs d'artillerie
La nuit frissonnait comme une prairie
Sous les coups des canons stellaires
Qu'écoutaient les buveurs devant leurs verres
Les femmes demi-nues sous leurs plumes de paon
Et les neurasthéniques dans le soir tombant

Mais on sentait peser la tristesse qui broie
La nostalgie de vivre et mourir et l'effroi

Je rentrais chez moi par le pont des Légions
En chantant tout bas une petite chanson
Buveur de lumières barques nocturnes sur la Voltava
À la cathédrale Saint-Guy minuit sonna
Minuit de mort étoile de mon horizon
À la fin février quand il faisait si bon

Mais on sentait peser la tristesse qui broie
La nostalgie de vivre et mourir et l'effroi

Tout à coup en me penchant sur le parapet
J'aperçus l'ombre d'un suicidé qui tombait
On sentait quelque chose de lourd comme un pleur
C'était le spectre et la tristesse d'un joueur
Monsieur qui êtes vous dites-le moi j'insiste
Rien qu'un joueur me répondit une voix triste
Mais on sentait je ne sais quoi qui se taisait
C'était une ombre comme l'ombre d'un gibet
Et je criais n'en pouvant plus de regarder
Vous n'êtes pas un joueur vous êtes un suicidé

Nous marchions la main dans la main sauvés tous deux
Nous marchions l'un près de l'autre en plein merveilleux
Par-dessus les kiosques des alcools et des danses
Au-delà de la ville où les Vanniers commencent
L'éventail de la nuit semblait nous appeler
Nous marchions la main dans la main sans nous parler
Mais on sentait peser la tristesse qui broie
La nostalgie de vivre et mourir et l'effroi

Ayant ouvert le gaz et poussé le verrou
j'introduisis chez moi mon ombre ce voyou
Monsieur Qui êtes-vous parlez je n'en peux plus
Mais l'ombre de mon joueur avait disparu
Était-ce un fantôme sorti de son linceul
Devant mon lit de chaque jour je restais seul

Mais on sentait peser la tristesse qui broie
La nostalgie de vivre et mourir et l'effroi

À mon bureau je regardais par la fenêtre
Tomber la neige et les couronnes disparaître
Que les flocons tressaient contre toute logique
Avec leur nostalgie à jamais chimérique
Buveur de nuances sans nombre
Buveur de clartés perdus dans les ombres
Buveur de femmes qui fascinent les serpents et les caresses
Buveur de femmes qui enterrent leur jeunesse
Buveur de belles femmes cruelles et déchirantes
Buveur de volupté et d'écumes sanglantes
Buveur de cruautés qui traquent et qui broient
Buveur de la vie de la mort et de l'effroi

Les ombres me dis-je n'en valent pas la peine
Ouvrant les journaux vieux d'une semaine
Je me noyai dans l'encre noire des colonnes
Où je vis une grande photo d'Edison
On parlait de sa toute dernière invention
Il avait l'air d'un prêtre au temps des processions

Mais on sentait peser la beauté qui nous broie
Le courage de vivre et mourir et la joie


photo (c) Trey Ratcliff - From Stuck In Customs www.stuckincustoms.com

 

II. 

Nos vies sont comme au flanc d'une épave le vide
Un beau soir rentrait un rapide
Aux confins du Michigan et du Canada
À travers des gorges que je ne connais pas
Un jeune convoyeur arpentait la vigie
Sa casquette lui retombait sur les sourcils
Mais on sentait peser la beauté qui nous broie
Le courage de vivre et mourir et la joie

Tailleur cordonnier bûcheron marchand son père
Avait une chaumière une cave une terre
L'éternelle instabilité qui nous pousse aux vagabondages
Il mourut du mal du pays et des chagrins de son jeune âge

Père tu savait ce qu'est la vie éternellement amère
Aujourd'hui tu es cendre étoile ou bien éclair
Père tu savais qu'il y a partout des gens méchants
Même parmi les tailleurs et surtout parmi les marchands
Tu savais ce que c'est toi les vagabondages et la faim
Je voudrais mourir comme toi aussi jeune aussi sain
Mais je sens tout à coup la tristesse qui broie
La nostalgie de vivre et mourir et l'effroi

Je ne sais pas où est ta tombe en as-tu une
Il n'est resté de ton sang qu'un enfant posthume
Regarde au Canada il épelle déjà les écriteaux
Regarde il se réjouit déjà d'aller aux courses de chevaux
Regarde il lit déjà des épopées des encyclopédies
Regarde comme le temps passe vite comme il a grandi
Regarde les vies d'hommes célèbres l'intéressent beaucoup
Regarde les livres de chimie le passionnent plus que tout

Moi aussi tout enfant j'ai rêvé de prouesses
Moi aussi j'ai lu l'Origine des espèces
Moi aussi j'ai joué plus gravement que d'autres
Dans la salle de classe avec les électrodes
Avec le magnésium la soude l'ammoniaque
Pourtant je voulais être aussi joueur de la harpe
Pourtant j'aimais aussi l'orgue de Barbarie
Pourtant j'imaginais aussi des féeries
Dont je garde à jamais la tristesse qui broie
La nostalgie de vivre et mourir et l'effroi

Thomas tu n'étais pas un spécialiste
Tu avais lu l'Analyse de la mélancolie
Découvert à Detroit l'amour et l'amertume
Dans les livres parmi des milliers de volumes
Tu rêvais aussi de la mer et des récifs
Dans ton petit laboratoire portatif
Accroché aux wagons du train de marchandises
Où tu découpais dans des bouts de papier des ailes d'oiseau
Grand Trunk Herald ! Dernière édition !
Tu composes ! Tu imprimes ! Grèves ! Guerres ! Érosion !
Demandez les dernières nouvelles ! Te voilà crieur de journaux !
Incendie au Canada et petit courrier de Bornéo !

Mais on sentait peser la tristesse qui broie
La nostalgie de vivre et mourir et l'effroi

Alentour pas âme qui vive tout à coup
Voilà que tu te précipites sous les roues
Tu retires un gamin d'entre les tampons
Tu lui as sauvé la vie nous t'en remercions

Les machines crachent le feu comme un Vésuve
Tu cloues des souliers dans cette chaleur d'étuve
Mais tu t'éreintes pour de bon sur chaque paire
Tu as l'âme d'un vagabond comme ton père

Colporteur dans la rue tu pousses ta remorque
Mais un beau jour tu prends le chemin de New York
Perdu dans cette métropole américaine
Prêt à tout pour arriver au bout de tes peines
Tu as joué peut-être tu as bu peut-être
N'y as-tu pas laissé le meilleur de ton être

Mais on sentait peser la beauté qui nous broie
Le courage de vivre et mourir et la joie

 

(la poursuite / next page)

Rico Topnegro - CONGO, S'ENVOLE

napsal Kartal 23. November, 2009 12:02

"Congo, il reste de la place pour accéder à cette paix
et en finir avec tous les méfaits
Congo, il est temps d'enlever ces larmes de ton visage
et d'accéder à un bonheur, à tous les étages
laissant petit à petit, s'étouffer le bruit sourd, des armes
Il est temps de dissiper tes nuages..."


parole : rico.topnegro


Derrière les nuages y a l'éclairci
un congo qui renaitra ainsi

derrière l'horizon, y aura l'union
d'un congo marchant dans la bonne direction

un congo tiré à 4 épingles
un congo costume de soirée
un peuple debout, chantant l'unité

Des écoliers costumes soignés
apprenant leur destiné
des futures élites qui n'auront plus besoin
de s'envoler
vers ces terres à la dure réalité
de sans papiers

derrière ma force, y a cette volonté
de promouvoir la paix
que je signe à la pointe
d'un bel effet

derrière mes rêves, je veux une réalité
un guérison totale pour congo
pour les futurs prochaines années
pour les présents, futurs nouveaux nés

derrière ma prière personnelle
je cogite pour une paix universelle
pour un bleu azur dans le ciel


pour une réussite africaine et antillaise


rico.topnegro@gmail.com
à mes amis congolais...
à clin d'oeil à Grand mon frère SHAKARA MUTELA

 

source - http://www.poesie-poemes.com
via forest green congo
(c) photoree.com

Un poême de mon coeur

napsal Kartal 05. November, 2009 16:27

Un poême de mon coeur - MCSpider

Seigneur de cette contrée, Je suis le Prince du Fleuve

Ici mon Âme est centrée, De son Eau je m'abreuve

Fils de cette Terre Sacrée, Je pleure Ton malheur

Mais pour ta sauvegarde, je combats avec ardeur

Aussi loin est mon exile, tout proche en moi tu reste

Aussi longue que soit ta nuit, ne demeure pas sans gestes

Eveille-toi Ô ! Fier guerrier des Tribus de mes Ancêtres

Ne craint point le danger quel qu’il puisse être

De la Forêt qui couvre notre Equateur

Et jusqu'à nos volcans les plus hautes hauteurs

Je sais la douleur de mon peuple meurtri

Et je sais la souffrance qui l’a flétri

Mais je vous le dis à nous sera la vengeance

Et au loin nous chasserons cette engeance

Cela est écrit pour nous les justes

Un destin qui sera des plus augustes

liondjo.afrikblog.com

(c) zeeburgniews.nl

Amour pour le Congo

napsal Kartal 11. October, 2009 15:38

Amour pour le Congo - McSpider

L’aube se lève sur un jour nouveau pour toi et moi
Le jour arrive pour que je te dise ma joie
Cette joie qui m’emplit et me rend serein
Hier, aujourd’hui et aussi demain
La douleur de te quitter chaque matin mon amour
S’estompe au fil du jour qui court
Et bien que lentement arrive le soir
Arrive aussi le moment pour moi de te revoir
Chaque jour qui vient dans nos vies
Je le vis comme un présent divin sans prix
Car mon cœur est plein de toi ma douce
Et c’est ton amour qui chaque jour me pousse
Le Ciel soit remercié de tant de félicité
De cette union qui ne peut péricliter
Ecoute et entend ces quelques mots
Ce que je dis ici est pour toi ô Congo !

Liondjo afrikblog


Laura Travels (c) flickr.com

A propos de l'auteur MCSpider

napsal Kartal 11. October, 2009 02:22
liondjo.afrikblog.com

En moi il y a les Maï-Ndombe, les Mongo, les Tetela et tout le Congo. Je suis le Fils de cette Terre Sacrée traversée par le puissant Fleuve Congo. Mon coeur bat pour toi ô Patrie de mes Ancêtres.

Mes centres d'intérêt sont le Congo et son Futur, voilà ce qui m'interresse.

 

Tagy:

francouzsky - french - français | Magazine | original language | próza - prose

Debout Congolais - hymna

napsal Hana Šustková 11. September, 2009 13:38

Francais


Unis par le sort,
Unis dans l'effort pour l'indépendance,
Dressons nos fronts longtemps courbés
Et pour de bon prenons le plus bel élan, dans la paix,
O peuple ardent, par le labeur, nous bâtirons un pays plus beau qu'avant, dans la paix.

VERSE
Citoyens, entonnez l'hymne sacré de votre solidarité,
Fièrement, saluez l'emblème d'or de votre souveraineté, Congo.

REFRAIN
Don béni, (Congo) des aïeux (Congo),
O pays (Congo) bien aimé (Congo),
Nous peuplerons ton sol et nous assurerons ta grandeur.
(Trente juin) O doux soleil (trente juin) du trente juin,
(Jour sacré) Sois le témoin (jour sacré) de l'immortel serment de liberté
Que nous léguons à notre postérité pour toujours.

 

Česky


Vstaňte, Konžané,
Spojeni osudem,
Sjednoceni v boji za nezávislost,
Pojďme zvednout naše hlavy, tak dlouho skloněné,
A teď, v dobrém, pojďme dál směle vpřed, v míru.
Ach, horliví lidé, tvrou pracívybudujeme,
V míru, zemi krásnější než dřív.

Krajané, zpívejte svatou hymnu vaší solidarity,
Hrdě pozdrav zlatý symbol vaší suverenity, Kongo.

Refrém
Požehnaný dar našich předků,
Ach milovaná země,
Zajistíme lidmi tvou půdu a neskutečnou velikost.
Ach jemné slunce 30. června,
Buď svědkem nesmrtelné přísahy svobody
To, co budeme předávat našim dětem navždy

Terug - Ah, Voisin!

napsal Hana Šustková 09. September, 2009 13:32


(pour J.Saverio Naigiziki, Écrivain rwandais)
Les souris de ta chaumière
Tu viens les piéger dans ma villa
Ta toiture qui suinte à volonté
Tu prétends la colmater chez moi
Quand tu frappes tes gosses
Tu cries vite à l’assassin
Quand tu voles mes biens
Tu accuses Stanley et Livingstone
Quelle leçon veux-tu me donner
A moi Dieu a tout donné
Onze femmes en provinces
Qui se jalousent souvent
Six cents gosses en parlers
Qui se querellent parfois
Mais jamais du sang
Mais jamais du feu
Moi le géant au grand coeur
Quand tu errais sans toit
Je t’ai logé et nourri
Mes femmes ont allaité tes gosses
Devenus grands ils les ont violées
Je t’ai ouvert grands mes bras
Ignorant que les tiens sont des machettes
Quelle leçon veux-tu me donner
Nzambe-Mungu m’a tout donné
Tu n’as que deux ou trois gosses
Et tous les jours toutes les nuits
Tribunal de guerre rivière de sang
Ton vil jeu est à présent connu
De Popokabaka jusqu’à l’Onu
Quand ta bouche crache du lait
Tes mains barbouillent du sang
Sur mon grand baobab de Boma
Je t’ai offert une branche
Sciemment tu me l’as sciée
Dans ma vaste concession de Goma
Je t’ai apprêté une natte
Arrogamment tu me l’as souillée
Mouches et hyènes partout te suivent
Les gorilles de Kaozi te fuient
les okapis d’Epulu te craignent
Et les éléphants de Bodio te maudissent
Quelle leçon veux-tu me donner
N’Kombé-Imana m’a tout donné
Mais tout a une fin
Le crapaud l’apprit à ses dépens
Lui qui ne voyait qu’avec sa panse
Et tu penses vraiment m’avaler
Ou me faire à jamais ton valet?
J’ai eu la force de supporter tes coups
J’en aurai autant pour te tordre le cou
C’est alors que tu crieras de vrai
Que tu pleureras en vain
Toi qui as toujours raison
De causer du tort
Ah, Voisin!


Ce poème, je l'ai dédicacé à l'écrivain rwandais NAIGIZIKI, lauréat du Prix de la Foire de Bruxelles en 1949 pour son roman Escapade rwandaise. Cet écrivain est mort depuis longtemps. Charles Djungu-Simba K.,  Huy (Belgqiue)

Transmis par Joseph Badibanga Bululu, St Catharines (Canada). Posté sur le Web le 11 fév. 2003

Terug

Maxime N'Debeka poète

napsal Hana Šustková 29. August, 2009 13:08
Écrivain congolais. Poète, dramaturge et metteur en scène, condamné à mort une première fois en 1972 par les autorités congolaises en raison de son engagement pour la liberté et la justice, Maxime N’Debeka a dû à plusieurs reprises se contraindre à l’exil. Après un bref répit en 1996, où sur proposition d’un collectif d’artistes, il est devenu ministre de la Culture, la guerre civile, un an plus tard, l’a de nouveau conduit à trouver refuge hors des frontières du Congo. Toutes ses pièces ont été créées sur scène, ou sur ondes radio, ou lues en public, en Afrique, en Europe et aux États-Unis. Il est accueilli actuellement en Ville-Refuge à Blois.